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Au-delà de l’être



La conscience est au cœur de tout et au cœur de toute vie spirituelle.
Mais qu’est-ce que la conscience ?

Selon la plupart des traditions, la conscience est une lumière immuable qui illumine tout sans être affecté par rien, comme le soleil éclaire et fait croître les êtres vivants sur terre, sans en être affecté en retour.

Selon le Tantra, cette idée de la conscience est très incomplète.
En effet, la conscience n’est pas passive, ni statique. Elle est mouvement, vibration, frémissement, élan, élévation, expansion, extase, activité. Et cette activité est « conscience de soi ». Être conscient, en effet, c’est pouvoir sentir ce que cela fait d’être soi. Et cette conscience est émerveillement, camatkâra, délectation d’être, étonnement d’être, ressenti de soi, appréciation et dégustation d’être soi. C’est cela, l’essence de la conscience qui est l’essence de tout.

Dès lors, le monde n’est pas rejeté hors de la vie spirituelle.

Utpaladeva définit ainsi l’essence de la conscience dans son Poème pour reconnaître le divin en soi (Îshvara-pratyabhijnâ), verset commenté par Abhinavagupta : 

citi? pratyavamar??tm?, par? v?ksvarasodit? |
sv?tantryametanmukhya?, tadai?varya? param?tmana? || I, 5, 13 ||

Comm. : cetayati ityatra y? citi? citikriy?, tasy?? pratyavamar?a? sv?tmacamatk?ralak?a?a ?tm? svabh?va?. tath? hi : gha?ena sv?tmani na camatkriyate.

La Conscience est prise de conscience de soi,
Parole transcendante qui parle spontanément.
Elle est d’abord liberté, car elle est
la souveraineté du Soi suprême. I, 5, 13

Commentaire par Abhinavagupta : La Conscience est activité, comme le montre le verbe « prendre conscience » (cetayati). Sa « prise de conscience de soi » est son Soi, sa nature, définie comme émerveillement et appréciation de soi-même. En effet, un vase ne s’émerveille pas de soi. 

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La différence entre ce qui est doué de conscience propre et ce qui est inerte, comme le vase, c’est le pouvoir de se ressentir. Le vase « est », certes. Tout « est ». Mais le privilège de ce qui est conscient, c’est de pouvoir se ressentir, se ressaisir, s’apprécier. « Être ce vase » ne fait rien pour le vase, n’a pas de sens pour le vase, parce que justement, il n’est pas un être conscient. 

Et ce pouvoir d’être conscient de soi est « émerveillement », miracle d’être. La conscience n’est donc pas simplement « ce qui est ». Son essence est « conscience d’être ce qui est », l’acte de savourer le fait d’être. 

Et cette conscience n’est pas une chose statique, mais un acte, désigné donc par un verbe. L’absolu n’est pas une masse inerte, un bloc immuable (ghana), mais mouvement infini, élan inépuisable, vibration plus rapide que tout.

Là se trouve l’essence du Tantra, texture de la vie.



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Rédiger par Blog de David Dubois

La Vache cosmique, blog philosophie de David Dubois

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