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Épilogue des Choses comme elles sont – Hervé Clerc – VOLTE & ESPACE


Épilogue (0)

« Qui parviendra à débrouiller cet écheveau ? »¹ demanda le dieu (Samyutta nikâya)

« Certainement pas moi. La profondeur du bouddhisme me dépasse infiniment, comme l’océan dépasse le verre d’eau où ma dernière aspirine se dissout. Quand j’écris par exemple ceci : qu’un bodhisattva est un être dont l’essence est la lumière, je n’ai qu’une compréhension parcellaire et extrêmement fugace, comme en rêve, d’un tel personnage (et donc de ce que j’écris à son sujet), vous vous en doutez bien.²

Le bouddhisme, qui se déploie sur plusieurs plans de réalité, de plus en plus subtils, est pourtant dans ses énoncés doctrinaux, d’une grande simplicité. Récapitulons, résumons une dernière fois, en termes familiers.³

Nous sommes dans le pétrin : c’est dukkha. Nous y sommes pour de bon, en plein. Recouverts par le temps, la vieillesse, la mort. Notre vue est courte, faussée, obscure, voilée. C’est tragique. Mais il y a un chemin pour sortir du pétrin : c’est magga.(4)

Affirmation solennelle, maintes fois répétées par le bouddha, dont l’enseignement, sinon, n’aurait aucun sens : il y a une sortie, une échappatoire, une fin à ce labyrinthe.

Le chemin consiste essentiellement à ouvrir les yeux et à voir(ou revoir) le monde comme il est, dans son enfance, sa nouveauté, son éclat.(5)

Ce processus de dévoilement, ou d’enfantement, peut durer très longtemps. Plusieurs vies, disent les bouddhistes. Mais chemin faisant, clopin-clopant, nous pouvons avoir le sentiment – très fugitif, lui – que la vieillesse, au fond, est une affaire qui ne nous concerne en rien. Et la mort non plus.(6)

Deux mots : dukkha, magga. Navrance, brillance. Tout le monde peut comprendre cela.

Au bout du chemin et des dualités, il y a le nirvâna.

Jusqu’à cet instant nommé nirvâna, tout occulte rien. Et puis soudain, là, rien occulte tout.

« Nirvâna est la fin de tout », dit simplement le Bouddha.

C’est une histoire de fou. Et une félicité inouïe.

Il n’y a rien de plus raisonnable dans le monde que cette folie là. » (7)

« Les choses comme elles sont

Une initiation au bouddhisme ordinaire »

Hervé Clerc

Folio Essais n° 553

Cordialement

 

0 – Ayant récemment eu l’occasion de parler de ce livre essentiel avec deux nouveaux amis, j’ai le plaisir de vous en offrir l’épilogue. Si le bouddhisme vous intéresse – je veux dire sérieusement – dépêchez-vous de lire ce livre.

Encore mieux que ce livre, bien sûr : les expériences de Vision du Soi selon Douglas Harding. Essayez, vérifiez !

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Commentaires à venir, patience !

¹ –

² –

³ –

4 –

5 –

6 –

7 –



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