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Gens des nuages / Jemia et JMG Le Clézio


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Au grès d’une brocante, j’ai trouvé la version originale des éditions Stock de ce livre que j’avais lu en poche et dont j’avais parlé sur ce blog en décembre 2008… Une merveille encore plus belle avec les photos.

Un livre écrit avec son épouse Jemia, un retour aux origines vers la vallée de la Saguia el Hamra à l’extrême sud du Maroc, d’où vient la famille de celle-ci.

 » Vivre au désert, ce n’est pas seulement devenir semblable à un monde dur, hostile, impitoyable. Cela, c’est la légende de l’homme bleu, guerrier indomptable, capable de survivre sur une terre où la chaleur dépasse cinquante degrés, où le taux d’hygrométrie est voisin de celui de la Lune. Capable de reconnaître son chemin sans repères en regardant le ciel et les étoiles capable de distinguer un caillou à des distances vertigineuses. Un homme courageux, généreux et cruel comme le monde qu’il habite.

Vivre au désert, c’est aussi être sobre, apprendre à supporter la brûlure du soleil, à porter sa soif tout un jour, à survivre sans se plaindre aux fièvres et aux dysenteries, apprendre à attendre, à manger avec les autres, quand il ne reste plus sur l’os du mouton qu’un tendon et un bout de peau. Apprendre à vaincre sa peur, sa douleur, son égoïsme.

C’est découvrir un jour, au hasard d’une excursion à Smara, à Laayoune ou à Agadir, qu’on est différent, comme d’une autre espèce.

Mais c’est aussi apprendre la vie dans un des endroits les plus beaux et les plus intenses du monde, vaste comme la mer ou comme la banquise.

Un lieu où rien ne vous retient, où tout est nouveau chaque jour, comme l’aurore qui illumine les schistes, comme la chaleur qui brûle dès le matin jusqu’à la dernière seconde de jour. Un lieu où rien ne différencie la vie de la mort, parce qu’il suffit d’un écart, d’une inattention, ou simplement d’un accès de folie du vent surchauffé sur les pierres pour que la terre vous abandonne, vous recouvre, vous prend dans son néant ».

p74-75

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Rédiger par Alain Bayod

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