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il faut que les chrétiens soient debout et éveillés.



Voici une homélie de mon ami le prêtre Patrice Gourrier.

l’éveil à la présence de Dieu en nous.

Le christianisme est trop souvent réduit à une morale, à des messes ennuyeuses, à une absence d’expérience mystique.

Si l’Eglise veut que les paroissiens redécouvrent l’enseignement du Christ il faut qu’elle nous parle de cet éveil au Christ en nous.

Pourquoi n’y a-t-il pas plus de méditation dans les églises, de silence, de recueillement, d’oraison ?

Pourquoi les prêtres ne nous invitent-ils pas à vivre l’expérience dont parlait saint Paul :

Le Christ était feu brûlant, l’Eglise ressemble trop souvent à des cendres froides.

Pourtant ce sont les grands mystiques chrétiens qui donnent sens à cet enseignement et qui en sont les témoins : saint Jean de la Croix hier, ou Maurice Zundel aujourd’hui.

Mais cet éveil n’est pas réservé à de rares personnes exceptionnelles et mortes : il est pour nous tous.

Nous sommes tous appelé à la table du Christ.

Nous sommes tous appelés à vivre pleinement l’expérience de la Présence.

Merci à Patrice de le rappeler.

Homélie du père Patrice Gourrier
Dimanche 17 janvier 2021
2ème Semaine du Temps Ordinaire

Après la couleur violette du Temps de l’Avent, après la couleur blanche de Noël et de toutes les fêtes que nous avons célébrées : Baptême du Seigneur, Sainte Famille, Épiphanie, voici de nouveau la couleur verte, qui désigne ce que l’on appelle le « Temps Ordinaire ». Ceux et celles qui me connaissent bien, savent que je n’aime pas cette expression de « Temps Ordinaire ».

En effet, ce qui est « ordinaire » dans la société, c’est quelque chose qui n’a pas d’éclat, qui passe quasiment inaperçu. Alors comment peut-on dire que le temps chrétien est ordinaire ? C’est absolument impossible. Chaque minute de notre vie, quand elle est placée sous le regard de Dieu, possède un éclat extraordinaire. Par contre, ce qui peut devenir ordinaire, c’est notre manière d’être chrétien. L’un des écueils, notamment, est de croire que, finalement, nous connaissons les Évangiles parce que nous les écoutons le dimanche. Nous nous habituons. De même, nous nous habituons aussi au temps liturgique. Oui, après Noël et ce Temps Ordinaire, nous allons plonger dans le Carême, Pâques, le 15 Août, et bien d’autres fêtes encore… » Et nous recommencerons l’année prochaine…

L’écueil de l’habitude dans la vie spirituelle est extrêmement dangereux car il nous endort, il nous berce, et nous pouvons « dormir debout » ! Dormir en croyant que nous sommes présents, mais l’habitude – je le répète – nous berce et nous endort. Or, la foi chrétienne, c’est un éveil continuel, c’est une ardeur, c’est un élan qui, quel que soit notre âge, ne nous quitte jamais. Ainsi, la première lecture de Samuel, très intéressante : Samuel était couché, donc allongé. Le Seigneur l’appelle et lui dit : « Viens ». Il répond : « Me voici. Tu m’as appelé.» Ainsi, Samuel se lève. Il est extraordinaire de savoir que le mot « ressusciter » en grec désigne non seulement le fait de revenir d’entre les morts, mais le fait de se lever, de s’éveiller.

Un chrétien est fondamentalement quelqu’un qui, sans cesse, se met debout, éveillé.

Le mot « éveil » n’est pas réservé aux bouddhistes, il est présent dans notre tradition, dans les évangiles, dans la Bible, et les pères du désert, que j’aime tant (dont aujourd’hui, nous fêtons saint Antoine le Grand, le père des moines au IVe siècle), étaient désignés sous le terme de pères « neptiques », c’est-à-dire de « pères éveillés, vigilants ».

Alors oui, nous sommes appelés sans cesse, comme Samuel, à nous mettre debout. Aujourd’hui, le monde a besoin que les chrétiens soient debout, car, si les difficultés présentes sont colossales, si nombre de croyants désertent aujourd’hui nos églises, il faut penser à demain, à cet « après-épidémie », au monde que nous allons construire.

Pour cela il faut que les chrétiens soient debout et éveillés.

Mais un autre écueil, qui peut nous endormir dans la vie chrétienne, c’est de réduire le christianisme à une morale. Et c’est ce que l’on a fait, malheureusement ! Ainsi, on pourrait interpréter le texte de Paul, dans la deuxième lecture, comme une morale : ne livre pas ton corps à la débauche, c’est mal ! Eddy Mitchell en a même fait une chanson, caricaturant les catholiques. Mais non, comme le disait le pape Benoît XVI, reprenant la pensée de Maurice Zundel, mystique du XXe siècle, le christianisme n’est pas une morale, c’est une rencontre qui transforme l’existence, et quand on a rencontré le Christ, on ne peut plus vivre comme avant. Saint Paul l’a bien compris : au baptême notre corps devient le sanctuaire, le temple de l’Esprit-Saint. Pensez à cela quand vous serez tout à l’heure dans la rue ou tout au long de la semaine. Votre corps est le sanctuaire de l’Esprit-Saint.

Dès lors nous sommes appelés à respecter notre corps et à respecter le corps de l’autre. C’est pourquoi les évêques nous invitent en ce mois de janvier à une démarche profondément spirituelle, nous demandant depuis vendredi de jeûner et de prier 4 vendredis de suite. En effet, des lois de bioéthiques, actuellement en discussion au Sénat, maltraitent le corps humain, et c’est pourquoi nos évêques nous invitent à cette prière et à ce jeûne qui sont deux outils spirituels profondément ancrés dans l’histoire biblique.
Alors, il nous appartient à nous, chrétiens, d’être témoins d’autre chose, de ne pas succomber à la peur mais de croire que chaque être humain est aimé de Dieu et que laisser de côté un être humain, c’est laisser un être à l’image de Dieu de côté. Alors oui, en ce moment, en Occident, nous sommes obnubilés par cette épidémie et nous oublions que depuis des dizaines d’années, un être humain meurt de faim toutes les trois secondes, et que malgré les cris des uns et des autres, ce scandale demeure.
Alors oui, que cette épidémie ne nous recroqueville pas sur nous-mêmes, ne nous enferme pas derrière nos masques, derrière notre gel et nos gestes barrières. Que notre cœur reste ouvert, et surtout qu’à travers cette année qui commence, (qui pour nous, chrétiens, a commencé le premier dimanche de l’Avent), que cette année soit l’opportunité pour chacun d’entre-nous d’écouter plus profondément l’appel de Dieu.

Or, pour écouter l’appel de Dieu, il faut garder le silence, il faut prier, il faut adorer, il faut contempler, car notre action, quelle qu’elle soit, ne sera fondée que si elle est fondée sur le Christ et sur la prière.
Alors oui, aujourd’hui, le Christ appelle ses deux premiers apôtres, mais en fait, c’est chacun d’entre-nous qu’Il appelle. A chacun d’entre-nous, Il dit : « Je t’aime, viens et suis-moi.»

Saurons-nous l’écouter ?
Amen

[1ère lecture : Lecture du premier livre de Samuel (1 S 3, 3b-10.19) – Psaume (39 (40), 2abc.4ab, 7-8a, 8b-9, 10cd.11cd) – 2ème lecture : Lecture de la 1ère lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (1 Co 6, 13c-15a. 17-20) – Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 1, 35-42)]





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