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La Fabrique de la France 20 ans d’archéologie préventive, collectif


La Fabrique de la France

20 ans d’archéologie préventive

Collectif (dir. Dominique Garcia)

Flammarion, 2021, 320 pages, 29 €


Les travaux d’aménagement (construction d’infrastructures de transport, de grands équipements publics, programmes immobiliers…) présentent toujours le risque de détruire irrémédiablement des vestiges archéologiques. Effectuer des sondages préventifs et, si besoin est, fouiller et prélever pour mettre à l’abri les vestiges dont on a détecté la présence, telle est la mission de l’archéologie préventive. Depuis 2001, cette mission est confiée à l’Institut national de recherches archéologiques préventives, et c’est à l’occasion des vingt ans de cet organisme que cet ouvrage a été publié.

L’introduction allèche lorsqu’elle énonce que l’archéologie, « discipline neuve et dynamique », « est passée de la seule étude de “beaux objets” à la génomique, de l’exploration d’un site historique à celle des abysses, de l’observation d’un éclat de silex à celle du territoire, de l’humain à son milieu ». Composé d’une trentaine de chapitres dans un découpage de fait chronologique, le livre couvre la période la plus large possible, depuis les premiers occupants néandertaliens du territoire actuel de la France jusqu’à des vestiges issus du XXe siècle (déchets domestiques des années 30, objets du quotidien des soldats de la Seconde Guerre mondiale). En outre, les derniers chapitres – peut-être les plus réussis – présentent quelques techniques de l’archéologie moderne, par exemple l’étude de spores et pollens conservés dans des sédiments.

Cependant, ce programme didactique (celui de montrer l’archéologie dans son interaction avec les connaissances issues d’autres sciences) souffre du choix d’organiser le livre sous la forme d’un florilège de découvertes, à raison d’une ou deux par chapitre, et de ne pas donner au lecteur les moyens d’approfondir malgré un certain effort de mise en contexte historique (textes trop brefs par suite de la volonté de couvrir un grand nombre de sujets). Les illustrations sont majoritairement des photographies de sites, de paysages et d’objets, et l’on regrette la quasi-absence de cartes, schémas ou frises temporelles qui seraient à coup sûr plus informatifs pour le non-spécialiste. On oscille donc entre la curiosité à la découverte de chaque nouveau sujet et une certaine frustration face au survol et au morcellement thématiques qui découlent des choix éditoriaux. À cet égard, le titre du livre risque de créer des malentendus, le terme « fabrique » signalant une ambition d’ensemble, une sorte de récit global que le livre ne déroule en réalité pas du tout puisque l’exposé est au contraire essentiellement pointilliste.



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