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la signification mystique de la résurrection du Christ.


Homélie de mon ami le Père Gourrier dans son église sur la signification mystique de la résurrection du Christ.

Si tous les prêches étaient aussi spirituels, les églises seraient pleines.

jlr

 

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« Je soulignais tout à l’heure au début de la messe, l’importance de célébrer la résurrection du Christ tous les ans pour nous en émerveiller sans cesse ; mais en même temps, fêter la Résurrection tous les ans risque d’avoir un effet secondaire pervers : s’y habituer. Nous fêtons la résurrection du Christ, les paroisses se mobilisent, les célébrations sont belles et le lundi à la messe, il n’y a quasiment personne… Le quotidien reprend ses droits…

On voit donc la difficulté pour nous, chrétiens, d’assumer aujourd’hui deux mille ans après, la résurrection du Christ. D’ailleurs les statistiques sont implacables : aujourd’hui, il n’y a pas 50 % des catholiques en France qui croient à la résurrection du Christ. Parmi les pratiquants le pourcentage augmente un peu mais pas de manière considérable.

Deux mille ans après, on voit bien que la résurrection du Christ n’est pas encore assimilée dans notre ADN de chrétiens. Mais quelque part, c’est un peu normal, nous sommes face à l’incroyable. Comment croire, en effet ? On voit bien que les disciples ont eu du mal au départ : qu’un mort, crucifié sur la croix, ressuscite et apparaisse pendant près de cinquante jours aux uns et aux autres ! Il en a fallu des apparitions du Christ pour que les apôtres comprennent qu’il était vraiment ressuscité ! Aujourd’hui, nous, qui ne l’avons pas vu, nous avons aussi du mal. Certains nous expliquent doctement que la Résurrection est un symbole. Je ne le crois pas et je m’inscris complètement dans ce que dit saint Paul :
« Si le Christ n’est pas ressuscité notre foi ne sert à rien ».

Aujourd’hui, nous célébrons la pierre angulaire de notre foi. C’est-à-dire la victoire du Christ sur la mort. Mais pas seulement, car si on s’arrête là, on comprend dès lors que demain l’ordinaire des jours va reprendre ses droits.

Il est intéressant de voir l’étymologie des mots. En grec « egeiro » (ressusciter) signifie tout d’abord : « revenir d’entre les morts » en effet, mais il signifie aussi : « s’éveiller, se lever ». C’est pourquoi les premiers chrétiens furent longtemps appelés des « éveillés » et les pères du désert, que j’aime tant, étaient appelés des père neptiques, c’est-à-dire des éveillés. En disant cela, je ne suis en rien bouddhiste, je suis profondément chrétien.

La notion d’éveil est capitale chez nous et c’est peut-être là que réside le problème : aujourd’hui, je ne crois pas que nous soyons, que je sois, éveillé(s) ! Je m’inscris dans la veine de certains spirituels dont un russe : Alexander Men, qui écrivait que le christianisme ne fait que commencer. Le père Maurice Zundel, qui a scandé notre période de Carême, disait que le chrétien n’est pas encore né. Nous ne sommes pas éveillés et pour moi nous sommes à la préhistoire du christianisme. Pourquoi ? Parce que nous oublions de vivre chaque jour en ressuscité. Paul le dit très bien dans sa lecture, dans sa lettre, il écrit :  « Si vous êtes ressuscité avec le Christ, recherchez les réalités d’en-haut ». En disant cela, il ne s’adresse pas à des morts, il s’adresse à des vivants.

Donc, c’est aujourd’hui que nous avons à vivre en ressuscité, c’est-à-dire en éveillé. Non pas seulement une heure par semaine le dimanche à la messe ou, quelque fois, par nos temps de prières, non, à chaque instant nous avons à vivre en ressuscité.

Mais qu’est-ce que cela veut dire : vivre en ressuscité ? Pour l’exprimer, je vais m’inspirer d’une parole du Christ qui pour moi est fondamentale : « Je suis la lumière du monde ». L’année dernière, alors que j’étais à l’hôpital et que je me mourrais doucement du Covid, je répétais en boucle cette phrase du Christ : « Je suis la lumière du monde ». J’avais demandé aux infirmières de ne pas fermer les volets le soir dans ma chambre, parce que tous les matins, je voulais voir le soleil se lever et je me répétais pour ce jour nouveau qui s’ouvrait :
« Jésus est la lumière du monde ».

Dès lors, vivre en ressuscité, c’est prendre conscience d’une chose fondamentale à mes yeux : les planètes tournent autour du soleil et nous avons besoin de la lumière du soleil. Imaginez un monde sans lumière. Il n’y aurait pas de plantes, ce serait assez désastreux ! Triste, sinistre, invivable ! Nous avons besoins tous les matins de cette lumière du soleil. Mais peut-être que nous sommes tellement habitués que nous nous levons sans même la regarder, sans même rendre grâce à Dieu pour le soleil qui éclaire la terre et qui permet la vie, notre vie.

Pour la Résurrection, c’est pareil. La Résurrection, c’est la victoire de la vie. La victoire de la vie sur la mort. La victoire de la lumière sur les ténèbres. Tout comme les planètes tournent autour du soleil, nous avons à faire de la résurrection du Christ l’élément central de notre vie et à nous laisser éclairés.

Quand Paul nous dit :
« Si vous êtes ressuscité avec le Christ, recherchez les réalités d’en-haut »,
Par cette simple phrase, – que je vous invite à la relire dans la lettre de Paul aux Colossiens – il nous dit comment vivre en ressuscité :
Vivre en ressuscité,

    • c’est rechercher les réalités d’en-haut,
    • c’est ne pas passer son temps sur son téléphone portable à devenir l’esclave des nouvelles technologies,
    • c’est de ne pas oublier chaque jour à chaque instant de rendre grâce à Dieu pour tout, pour le soleil, pour la journée qui commence, pour l’air que nous respirons, pour l’eau que nous buvons, pour la terre sur laquelle nous marchons.
    • c’est être continuellement dans l’action de grâce.

Or même nous, chrétiens, aujourd’hui, devenons des spécialistes de la « râlerie », de la critique systématique dans l’Église et en dehors de l’Église. Non, un ressuscité, c’est quelqu’un qui s’émerveille sans cesse.

Tout à l’heure, lors de l’aspersion, je me suis émerveillé de voir vos sourires, de voir votre amusement, c’était beau. Emerveillons-nous des choses simples ! Alors, réellement, nous vivrons en ressuscités. Le monde n’a pas besoin de chrétiens blasés, cyniques, critiques, qui ne pensent qu’à l’organisation.
Le monde a besoin de chrétiens lumineux, et si le Christ nous dit :
« Je suis la Lumière du monde »,
Il nous dit aussi :
« Vous êtes la lumière du monde ».

Alors en sortant de cette église, n’oublions pas que chacun d’entre-nous, quel que soit son âge, sa condition physique, est la lumière du monde à travers ses pensées, ses paroles et ses actes.
Alors, oui, aujourd’hui ne faisons pas de la résurrection du Christ un spectacle extérieur dont nous nous réjouissons, mais fêtons notre résurrection.

Alors, réellement, nous serons lumineux et le monde peu à peu, péniblement mais sûrement, sera transformé.
Amen. »

Homélie du père Patrice Gourrier
17/04/2022
Dimanche de Pâques





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