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Le prodige


Sous la cendre du quotidien, l’œil nu reconnaît la braise du « je suis ». Ce feu enveloppe tout, consume tout, à la fois majestueux et paisible. Il éblouit jusqu’à faire voir ce senti d’être, sève de l’arbre de l’émerveillement aux fruits d’abandon. Prodige des enfants du vide, serviteurs de l’infini, esclaves d’une liberté plus ample que tout ce qui se peut dire. 

Tout mal vient de s’approprier ce qui n’est pas notre. Tout bien vient de rendre tout au Tout. C’est ne rien perdre, bien qu’il en coûte au Vieil Homme. Le matin, s’allonger dans le brasier. Ne plus se relever jusqu’aux cendres. Qui peut dire ce qui poussera en cette terre morte ? Ce que je fais par moi est mal fait, même si cela brille aux yeux du monde. Ce qui est fait à travers moi quand je ne me regarde plus est étonnant, même si cela sonne médiocre aux oreilles du siècle. 

Le miracle, la clé est « je suis », grande formule, grand mystère, prodige de la conscience simple, sans retour sur le Moi factice, élan vers le Moi véritable, élixir de l’amour qui est l’écoulement de la source même. Cela est proche, loin, bon et terrible aussi. Que faire ? Pourquoi ne pas se laisser aller ? Quel sort nous détourne de ce prodige ? Le maître est là, plus proche que n’importe qui, limpide qui ne dit qu’une parole simple, salvatrice, fascinante et vertigineuse.

Pourquoi ajourner l’inévitable ?

La vieillesse est inévitable.

La maladie est inévitable.

La mort est inévitable.

L’ivresse est inévitable.

La joie est inévitable.

La liberté est inévitable.

L’abandon est inévitable.

Hommage soit à cet abîme !



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