dans

Le yoga est inutile à l’amour



praty?h?r?dyasa?sp???o vi?e?osti mah?nayam |
yogibhyo bhaktibh?j?? yadvyutth?ne’pi sam?hit?? || 17 ||


« Il y a une immense différence
entre les yogis et tes amoureux :
eux sont bien recueillis
même quand ils ne méditent pas,
car ils ne dépendent pas 
de l’intériorisation
et des autres (conditions de la méditation). »

Utpala Déva, Hymnes à Shiva I, 17

Les amoureux, nous explique Kshéma Râdja, ne subissent pas les « huit auxiliaires » du yoga de Patanjali, sa discipline factice. Ils n’ont pas à contrarier leur sensualité, à arracher (en vain) leurs sens de leurs objets respectifs. Ils ne souffrent nulle haine du monde. Car en effet, comme dit Abhinava Goupta, à quoi bon ces restrictions ? Pourquoi ajouter une contraction à la peur de la dualité, qui est déjà présente chez tous ? Les amoureux ne se perdent pas dans ces tourments inutiles (akadarthita) que sont la méditation, la concentration, etc. 

Les amants du Bienheureux, dit encore Kshéma Râdja, sont absolument, radicalement (ati?aya) différents (vi?e?a) des yogis. Les yogis sont laborieux, maladroits, lourds, forcenés… Ils leur manque l’élégance que confère l’amour. Le Hatha Yoga n’est-il pas le yoga de « l’effort violent » ? 

Les amoureux, ceux qui jouissent de leur participation à toi, ce qui te reconnaissent en tout et en tous, ne dépendent pas du yoga. Ou plutôt, leur yoga est le yoga de l’abandon, de la reconnaissance, des touches divines, des ravissements spontanés, de la poésie efficiente, de la délectation dans l’art créateur. Ils ne croient pas en leur force propre, mais laissent tout à la Puissance sans rivale. Ils se font marionnettes légères entre les mains fortes et sûres de la divine motion. Ils se livrent corps et âmes à l’inaction subtile, tels des enfants posés sur le sein de leur mère. Ils ne renoncent à rien, puisqu’ils savent qu’ils ne sont rien.

Dès lors, l’agitation du quotidien est leur offrande. Même là, ils sont envahis par toi, selon la promesse faite par Krishna dans la Gîtâ. Si je me donne au Paisible (Shiva), je serai en paix, quand bien même mon corps et mon esprit seront jetés dans l’arène du monde. Mon esprit bout, mais je participe à ce qui est au-delà de l’esprit, et à cela qui me donne sa paix, la paix qu’il est. Mon corps peut bien ne pas tenir en place, mis il ne sort pas de l’espace de la paix – ses fruits, si grossiers soient-ils, ne tombent jamais ailleurs que sur la riche terre immortelle que tu es. Sans même un yoga, tes serviteurs sont toujours ajustés (nitya-yukt??), car il sont toujours remis à celui qui est le Yoga, qui est l’équilibre même. L’espace peut-il tomber ?



Source link

Qu'en pensez-vous?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Rédiger par Blog de David Dubois

La Vache cosmique, blog philosophie de David Dubois

Question – Le the?me de la sexualite? laisse peu de monde indiffe?rent, dans not…

En cette vaste vallée