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Les obstacles et leurs remèdes dans le Tantra ancien



 Selon les tantras de Shiva, Dieu lui-même engendre des « liens » (pâsha) qui font obstacles à la manifestation intérieure et extérieure de la Conscience. Dès lors, elle reste « contractée » et prisonnière, limitée dans son pouvoir d’agir et de connaître, limitée dans ses possibles.

L’un des plus anciens tantras, la Nishvâsatattvasamhitâ, décrit déjà tout ce que les autres traditions vont développer. 

Ainsi, l’initiation – le rite où l’on détruit les liens de la Conscience – peut se faire dans un « temple de la Déesse ou des Mères » (mâtrikâ) (Uttarasûtra, II, 4, édité par D. Goodall, IFP, coll. Indologie 128). Ce qui semble prouver, au passage, que de tels temples existaient dès les débuts du shivaïsme.

Plus loin, le tantra décrit les liens qui doivent être détruits et qui correspondent au différents niveaux (tattva) du réel. Ces liens sont détruits à l’aide d’un Mantra lui-même nommé « tattva ». Sont mentionnés ensuite les liens « contrôlés » par les Ganeshas et qui consistent en « dharma et adharma », c’est-à-dire en « devoirs religieux et en leurs opposés ». Puis il y a « l’amour, la haine, l’égarement, la torpeur, la peur », etc. et, enfin, les liens « subtils », désignés ici comme « samaya » (id. II, 28-31). Les samayas ou « promesses » sont les règles initiatiques que l’initié s’engage à respecter après l’initiation, sous peine d’aller en enfer. Par exemple, ne pas marcher sur l’ombre du maître. 

Ce passage est très intéressant, car il montre que, dès le début, le Tantra porte l’idée que les règles existent, mais qu’elles sont finalement des obstacles (nirodhaka) à l’épanouissement de la conscience. L’idée, à l’inverse de Patanjali, n’est pas de concentrer, de contracter la Conscience et, disons, « l’énergie », mais de la décontracter, de l’épanouir. Et, dès le départ, les règles, toutes les règles, même les plus ésotériques, sont désignées comme des obstacles.

De même (id. II, 36-38), parmi les rêves de bon augure après l’initiation, il y a le fait de traverser une rivière ou de se faire décapiter, mais aussi l’acte de boire de l’alcool, d’être oint d’alcool ou de sang, ou de manger ce qui est impur. On sait que l’acte d’ingérer de l’alcool ou n’importe quelle substance « impure », même en petite quantité, est au centre de l’initiation dans le Tantra le plus ésotérique. 

Cela étant, il y a bien sûr une morale (IV, 33-34), mais cette morale (sincérité, pas d’argent, propreté, etc.) semble distinguée des mœurs conventionnelles. 

De même, la Shakti n’est certes pas au centre de la pratique du Tantra décrit ici. Néanmoins, on nous explique (id. IV, 48) que c’est « grâce à la Shakti que l’on atteint l’état de Shiva, indivis », exactement comme il sera dit dans le Vijnâna Bhairava Tantra, par exemple. 



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