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Les signes de l’éveil – Eveil et philosophie, blog de José Le Roy


Mon ami David Dubois a publié ce texte sur son blog.

Je le trouve intéressant et je le partage avec vous.

jlr

 20 mars 2019 : C'est le printemps ! - Météo Montréal

« Les signes de l’éveil
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On me demande souvent s’il y a des signes pour être sûr que notre conscience s’est bien « éveillée ». Notez que je ne parle pas ici des effets, mais des signes intimes.

D’abord, mettons-nous d’accord sur ce que l’on entend par « éveil ». Ce mot est une métaphore : comme quand on se réveille, on a l’impression qu’un voile de torpeur se soulève. On a, littéralement cette fois, une perception plus claire, plus vive, même au niveau sensoriel, notamment à cause du silence intérieur plus net qui se fait. On peut comparer cela à un bruit qui cesse soudain. En même temps que le soulagement, il y a une sensation de pureté, de netteté, de légèreté, à la fois physique et mentale, comme si l’on s’était dépêtré d’un lien, d’un poids, d’un filet. Cette sensation ne peut être confondue avec aucune autre. Cependant, cette expérience peut passer si elle n’est pas comprise ni mise en contexte.

Les signes, c’est-à-dire les effets immédiats, peuvent être repérés sur trois plans : corporel, mental et spirituel.

Les signes corporels ou énergétiques sont les moins fiables. La tradition tantrique en distingue parfois cinq sortes : plaisir, vertige, tremblement, sensation de « saut » et ivresse. Leur description varie. Ils sont mis en correspondance avec les chakras, entre autres. Mais Abhinavagupta, l’une des plus précieuses références en la matière, précise bien que ces signes sont aléatoires. Il ne s’agit pas de les repousser, mais s’y attacher revient à se mettre dans une impasse, car ces signes sont par nature passagers. Ils peuvent certes revenir, mais ils ne peuvent s’installer de façon permanente. S’ils le faisaient, la vie quotidienne deviendrait impossible. Le piège consiste à s’y attacher et à essayer de les produire volontairement. La voie spirituelle est, à l’inverse, une voie d’abandon.

Le signes mentaux sont le silence et la certitude. Cette dernière, appelée aussi « compréhension intellectuelle », comporte de nombreuses… incompréhensions. Cette certitude, en effet, n’est pas parfaite et ne peut l’être, car l’intelligence est nécessairement limitée, ainsi que le langage. Il y a des indices, des preuves partielles, et donc une certitude qui n’est pas négligeable. Mais il n’y a pas de certitude absolue. Le degré de clarté atteint en mathématiques ne peut pas être atteint dans le domaine intérieur et en ce qui concerne l’absolu. Par exemple, il y a des indices que « tout est conscience ». Mais cela reste une hypothèse et un panneau indicateur d’une expérience qui dépasse cette représentation. Autrement dit, l’intellect aide à stabiliser, mais il n’est pas la stabilité. De plus, l’éveil peut se traduire par des questions, des certitudes questionnantes, un sens de l’émerveillement, plutôt que par des certitudes en forme de système complet et définitif. L’éveil est une certitude qui fait douter, ou disons qui remet les choses à leur place. L’éveil ne peut être formulé dans un ensemble d’opinions, du genre « tout est conscience », « il n’y a personne », « le libre-arbitre n’existe pas », même si ces opinions ne se valent pas entre elles. Ces dogmes sont des essais plus ou moins maladroits pour exprimer une expérience, ou plutôt une intuition.

Les signes spirituels sont les plus importants. Il s’agit d’une sensation au niveau du cœur, ressentie comme vivant au centre de soi, comme si l’on avait découvert un autre être à l’intérieur de notre être, un être de joie et de sens. Ce sens dépasse les capacité du langage ordinaire, mais il est ressenti avec un degré d’intimité sans égal. C’est cette présence qui fait qu’il n’y a pas de « retour en arrière », bien que les états du corps et de l’esprit peuvent et doivent évoluer. C’est une certitude, mais ressentie et de l’ordre de l’affect. C’est une connaissance intuitive qui dépasse toute formulation et qui, en plus, nourrit le corps et l’esprit. Une sorte de foi, mais sans que l’on puisse dire parfaitement en quoi on met cette foi. Plus on s’exprime, plus on entre dans les interprétations, avec des hypothèses de moins en moins certaines, des expériences, de plus en plus éphémères, ce qui nous ramène aux signes physiques et mentaux. Ce signe spirituel, on peut aussi l’appeler « je suis ». Il n’est pas dans le corps, mais il peut être ressenti dans le corps, comme un écho profond et puissant. Tel est le signe principal.

Toutefois, ces signes ne sont pas la fin de la vie intérieure. Ils sont au contraire le début d’une nouvelle vie. « Je suis » est un appel. Je suis libre d’y répondre ou non, même si je ne pourrai jamais vraiment revenir en arrière. L’éveil est comme le réveil d’un rêve : c’est le début d’une vie nouvelle, qui est aussi une relation et une nouvelle manière d’entrer en relation, une nouvelle manière d’être.

C’est à ce moment que se situent les effets de l’éveil, ses conséquences : nouvelle manière de vivre le corps, les pensées, l’imagination, la mémoire, les évènements de la vie, et surtout les autres. Ce qui inclut les humains, mais aussi tous les êtres conscients.

Voilà, en bref, quels sont les signes de l’éveil.

David Dubois





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