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Point de règle dans l’amour

na yogo na tapo nārcākramaḥ ko’pi praṇīyate |
amāye śivamārge’smin bhaktirekā praśasyate || 18 ||


« Sur cette voie divine,
chemin sans illusion,
on ne se laisse pas guider
par le yoga, l’ascèse ou le rituel :
Seul compte l’amour. »

Utpala Déva, Hymnes à Shiva, I, 18, Editions Arfuyen

Kshéma Râdja explique : Sur ce chemin divin, transcendant, suprême, seul compte notre expérience directe, intime. Aucune technique n’est enseignée, aucun moyen, aucune méthode, telle que le yoga par exemple, qui est limité par la croyance en la séparation, par la croyance au temps, à des lois de cause à effet du genre « Si je fais ceci, j’obtiendrai cela ». Tout ceci tombe en effet dans le domaine de la dualité dans l’oubli de l’unité, au plan où la conscience se perd dans sa création au point de s’y oublier, fascinée par ses propres reflets. L’oubli de l’unité ne peut servir de moyen. A quoi bon une lampe pour éclairer le soleil ? 

Toutes les méthodes sont les ténèbres de l’aveuglement. Une obscurité éclairée par la lumière sacrée de la conscience universelle, plus claire que le jour, inoubliable, libre, inépuisable. Certes. Mais, tant que je la cherche par des méthodes fondées sur l’aveuglement, je ne la trouverai pas. Car je suis cette lumière vivante. Le « je suis » est ce frémissement qui anime tout. Se plonger en ce bouillonnement paisible, en cette douce vibration, est ce qui nous sauve de tout, ce qui nous comble, ce qui nous guérit, ce qui donne sens à nos vies. 

S’abandonner à l’attirance spontanée vers ce mystère évident.

Ceux en qui la conscience divine, cette simple présence intime, se révèle clairement, n’ont nul besoin de rien d’autre. Quand cette science se dévoile, il n’y a plus de moyen, tout comme les étoiles, même les plus belles et les plus brillantes, sont noyées dans la splendeur de l’astre du jour. Tel est l’amour (bhakti), la grâce de l’intuition vraie, directe, immédiate, intime, plus proche que tout. Elle seule est le moyen de s’unir au divin, de se laisser transformer par lui, en lui, pour ensuite rayonner aux autres, dans la limite de nos forces, ou plutôt par la seule force de la Puissance.

Pour l’amoureux dont l’amour est la seule règle, il n’y a plus de règles, car ce « joug est doux », ce yoga est liberté. La grâce gratuite est sa seule loi. Comme dit Jean de la Croix : « Il n’y a plus de loi pour le juste », pour qui s’est ajusté à la Justice, pour qui a laissé toute son âme se fondre en la Vie. 

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Rédiger par Blog de David Dubois

La Vache cosmique, blog philosophie de David Dubois

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