dans , ,

Question – Dans le désir, il y a une force, une énergie : je vais vers quelque…


Question – Dans le désir, il y a une force, une énergie : je vais vers quelque chose, je veux accomplir quelque chose. Ce désir fait partie de moi, de ma nature. D’une certaine façon, nous sommes des êtres de désir, non ?

Eric Baret – Vous voyez des images : l’image que si vous couchiez avec votre voisine, si vous achetiez une belle voiture ou si vous pratiquiez le yoga, vous trouveriez quelque chose qui vous satisferait. C’est un fantasme, une illusion.

À un moment donné, il vient une forme de maturation. On n’a plus besoin de fabriquer quelque chose. Plus besoin de fabriquer une vie – une belle vie, une vie réussie, aimer, être aimé, être approuvé, être quoi que ce soit. Vous êtes ce que vous apporte la vie. Vous êtes en prison, vous êtes avec un ami qui meurt, vous ne savez pas comment payer votre loyer : c’est cela, la vie. Rien ne manque. L’idée d’attraper quelque chose vous quitte. Il va vous venir cette saveur…

Le problème n’est pas le désir, mais l’histoire bâtie autour. Quand le désir se libère des images, il reste un vrai désir : le désir de la vie.

La vie est trop mobile pour penser. Elle est trop belle pour faire des projets. Tous les projets sont médiocres. Vouloir cet homme, cette femme, cette religion… Pourquoi se priver du reste ? Il faut tout vouloir ! Vouloir une chose, c’est se couper du reste.

Votre désir est ce qui se présente. Pas de choix à faire : vivre avec la réalité. Ce qui change, change, mais vous ne vous cherchez plus dans le changement, dans l’accomplissement. Les choses s’accomplissent. Si vous êtes peintre, vous pouvez signer une œuvre ; vous ne vous prenez pas pour le peintre. Vous pouvez vous marier ; vous ne vous prenez pas pour le mari. Vous pouvez avoir des enfants ; vous ne vous prenez pas pour le père.

Pourquoi se limiter à une fonction ? Quand vous êtes avec un enfant, vous êtes le père. Quand il y a un feu à éteindre, vous êtes le pompier. C’est la situation qui nous donne la qualification.
Le désir de quelque chose est un désir trop mièvre. Il faut tout vouloir.

Le Seul Désir, Dans la Nudité des Tantra, Editions Almora

www.bhairava.ws




Source

Qu'en pensez-vous?

0 0 votes
Article Rating
S’abonner
Notification pour
guest
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

Rédiger par Eric Baret

Forlane / Ravel / Raphaël Panier Quartet

La citation du lundi