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Question – Pouvez-vous parler de la respiration ? Eric Baret – Sur un certain …


Question – Pouvez-vous parler de la respiration ?

Eric Baret – Sur un certain plan, le souffle est le reflet ultime du silence, la dernière porte avant le silence. D’abord, on devient conscient du corps, puis le corps devient souffle. Quand le corps devient souffle, toutes les identifications, restrictions et compensations cessent d’être ressenties comme obstacles et le corps se présente comme lumière.

Le souffle se présente sous forme de rythmes. Ces rythmes s’actualisent dans l’expiration, le repos et l’inspiration. Dans le yoga, selon les moments, on va accentuer l’inspiration et l’expiration comme moyens de purification. L’expiration va amener l’élimination des résidus des souvenirs, de tout ce qui crée un sentiment de séparation. L’inspiration va stimuler l’énergie subtile, laquelle va s’intégrer progressivement dans les différents corps.
Plus tard, l’inspiration et l’expiration vont perdre leur importance. Les moments de repos entre ces deux mouvements vont devenir l’essentiel. La rétention après l’inspiration clarifie le corps, lui fait réaliser son potentiel magique. Le moment de repos après l’expiration devient consciemment l’arrière-plan des trois temps respiratoires. Petit à petit, ce moment après l’expiration va être expérimenté comme demeurant présent pendant l’inspiration, la rétention et l’expiration, qui dès lors se présentent comme une surimposition à ce silence. Ce moment après l’expiration est la porte la plus proche du silence, et l’inspiration, la rétention et l’expiration deviennent une frise qui se déploie et se résorbe dans ce silence. Elles ne sont que silence.

L’approche du souffle, sur le plan physiologique de la respiration d’abord, puis sous son aspect d’énergie subtile, est considérée en Inde comme l’art royal. Dans la pratique, tôt ou tard la respiration disparaît pour devenir courant d’énergie. Vous ne respirez plus ; il y a un ressenti. Vous ressentez cette inspiration, ce courant de lumière, comme un arbre de Noël qui s’éclaire ; dans la rétention, cette lumière se déploie encore plus ; dans l’expiration, cette lumière lentement se résorbe ; et le repos est une nuit sans lune – unité sans séparation. Cette nuit même fondra. La pleine lune de la rétention deviendra également nuit totale. Le silence se parle à lui-même.

Le Seul Désir, dans la nudité des tantras, Editions Almora

www.bhairava.ws

En photo : Akshobhya Bouddha, thangka tibétain de la fin du XIIIe siècle, Honolulu Academy of Arts




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