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Revenir à la maison – Eveil et philosophie, blog de José Le Roy


LA MORT D’UN PROCHE ET LA NON-DUALITÉ

Élisabeth interroge (1h.14min.10 sec.) les invités.

 » J’aimerais savoir, quand on vit au quotidien la non-dualité, qu’est ce qu’on fait avec la mort d’un proche ? Qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce qui se vit ? Dans l’instant, ce qui se vit c’est le départ de quelqu’un qui va nous manquer. Comment fait-on face à ce type d’événement ? Qu’est-ce qui se passe ? De jour en jour comment fait-on pour être en paix et être quand même dans cette pleine souffrance de l’absence ?

Rép. On le vit tout simplement. Ça réagit. Ça la une tristesse qui arrive et la tristesse passe. On se laisse traverser par la tristesse et c’est passé.

Après arrive un beau souvenir et l’on se laisse traverser par le beau souvenir et ça passe. Il n’y a pas une façon de faire, pas une recette. Il y a à dire oui à chaque sensation qui arrive, à chaque instant, et se laisser traverser par ça.

La vie sait comment faire et nous on se demande comment on devrait réagir. Mais il n’y a pas de comment. Il y a d’accueillir tout ce qui vient, d’honorer tout ce qui vient et ne pas dire non ça j’en veux pas, je ne veux pas être triste. Il n’y a rien de pire pour prolonger la tristesse. Elle est belle cette tristesse parce qu’elle est saine, humaine.

Ça rend triste de perdre quelqu’un qu’on aime et ça passe. Et plus je vais dire oui à cette tristesse, plus je vais l’accueillir, plus je vais en prendre soin, plus je vais dire oui à ça, plus elle va passer. Donc dire oui a tout ce qui passe.

Qu’est-ce que ça veut dire prendre soin d’une souffrance?

Rép. Ne pas y résister, ne pas la nier, de simplement dire oui, c’est OK d’être triste. C’est OK de s’ennuyer de la personne, c’est tout. C’est vivre ça.

Élisabeth interroge (1h.47mun.40sec.) de nouveau.

La disparition de quelqu’un c’est aussi, si nous partons du postulat que nous sommes un, c’est une part de moi qui meurt ?

Rép. Une part imaginaire de toi. C’est de l’imaginaire pur, c’est simplement une supposition, une idée qui est apparue et disparait.

Ce n’est pas une réalité qui disparait réellement, parce qu’en tant qu’éléments particuliers, un corps, un esprit, des émotions, ça continue bien sûr. C’est l’imaginaire de la séparation qui disparait. Quelque chose qui disparait et qui n’a jamais existé. Il ne sait rien passer. C’est tout ce qu’on peut dire réellement.

Rép. En réalité il n’y a pas de séparation.

Depuis que je suis petit, la mort m’a toujours amené à sourire, ça m’a toujours amené la joie (la mort de proche). Jamais de tristesse jusqu’à présent. C’est ce qui est vécu à l’intérieur qui fait que c’est triste ou joyeux. C’est souvent en rapport avec la forme et puis l’attache. En tant que tout ce qui est il n’y a pas de mort, y a même rien là.

C’est un peu s’éveiller du rêve si tu veux. Tant que tu crois que tu es quelqu’un dans le monde et qu’il y a des gens qui vont et qui viennent et que tu peux mourir et que les autres peuvent mourir, tu es dans le rêve.

Tu dis que tu ne comprends pas comment tu vis l’unité. Ce n’est pas toi personnellement qui vas la vivre. Un élément séparé ne peut pas vivre l’unité.

Lorsque tu rêves dans la nuit, tu peux rêver à 50, 100 ou 200 personnages. Lorsque tu te réveilles le matin, il reste combien de ces 200 personnages ? Ils n’ont jamais existé pour vraie, ce sont des personnages. La c’est pareil, dans le monde c’est pareil.

NOUS NE SOMMES PAS UN PERSONNAGE DE RÊVE, NOUS SOMMES LE RÊVEUR.

Ce n’est pas Élisabeth, Gérard, etc. En tant qu’eux nous sommes que des personnages du rêve. La réalisation c’est de réaliser que nous sommes le rêveur éveillé. Alors il n’y a pas de séparation, il n’y a pas de possibilité de séparation. Les éléments du rêve sont tous bienvenus, soit la joie, la tristesse, n’importe qui ou n’importer quoi. Il n’y a pas de soucis avec tout ça. Ce n’est pas définitivement réel.

Rép. Je pense que l’on ne souffre jamais pour la raison que l’on croit. On souffre parce que l’on est séparé de ça, parce que l’on fait une histoire avec ça, mais ce qui nous fait souffrir c’est de vouloir que ça soit autrement que ce que c’est…

Je ne voudrais pas que soit comme ça. C’est ça la souffrance, ce n’est même pas l’histoire. On pense qu’on est en lutte avec une histoire, avec des pensées, avec des émotions, avec une personne qui vient de décéder, mais ça, c’est accessoire. Ce qui nous fait souffrir c’est de ne pas vouloir sentir ce que l’on sent ou vivre ce que l’on vit dans l’instant.

Alors quand cela est vu, tout le reste tombe en fait parce que je vois que je suis en train de m’accrocher à quelque chose qui n’est même pas réel. Je saisis quelque chose qui n’est rien en fait.

Rép. Le pourquoi est à la base de la souffrance. Quand on se pose la question pourquoi c’est comme cela ? Pourquoi les gens meurent ? Pourquoi ou où vont-ils ?

Mais ça pointe toujours sur la réponse. Tout pointe sur ce que nous sommes avant toute observation, tout mouvement, toutes questions. Toutes les questions sont des pointeurs majuscules sur ce que nous sommes.

Rép. Ce qui est précieux dans le départ d’un proche c’est de ressentir tout l’amour qui est là à l’intérieur, pour l’expérience, pour le cadeau, pour le privilège d’avoir vécu cette expérience à travers l’autre, à travers soi.

C’est un privilège d’être incarné, de vivre cette possibilité d’être un individu.

On se perçoit séparé. On peut s’aimer parce que justement on a oublié qu’on est cette conscience unique qui s’expérimente.

C’est un privilège que de vivre, et de se quitter aussi, pour ressentir cet amour qui est là, qui se rencontre à travers soi-même, à travers l’autre. C’est un cadeau.

Rép. Même l’oubli de ce qu’on est c’est de l’amour. En réalité il n’y a pas d’oubli, il y a une impression fausse d’oubli.  »

N.B. Le temps prévu pour cet échange étant largement dépassé, José n’a pu s’exprimer sur le sujet (la mort d’un proche).

L’intervention de celui-ci aurait-elle ajouté quelque chose à cet incontournable, inévitable questionnement pour la plus part d’entre nous.

Seul lui pourrait nous le dire.

Merci





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