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Une interview avec Daniel Odier


Bonjour

Vous vous apprêtez à lire un texte qui ne vous apprendra probablement rien.

Il est écrit par un personnage qui ne rédige pas facilement et qui de plus n’est pas philosophe, ni neurologue.

Après une relecture, j’ai l’impression de jouer au professeur, à l’évidence limité et radoteur, qui s’adresse à un auditoire ou à une personne qui n’aurait jamais réfléchi concernant le sujet qui nous intéresse ici. Je m’en excuse.

Si vous avez un bon seuil de tolérance et me faites malgré tout l’honneur de me lire, je vous remercie, surtout si vous vous donnez la peine de me signaler ce qui vous semble constituer une conception erronée de la réalité ou un oublie important.

De retour à la maison pour quelques jours, j’ai relu le dernier commentaire d’Emmanuel. Celui-ci réveilla en moi le désir de faire encore un travail de réflexion dans le but de mettre de l’ordre dans mes pensées concernant la CONSCIENCE.

Personne ne sait vraiment ce qu’est celle-ci. Même les neurologues admettent ne rien y comprendre et ajoutent que n’existe même pas un consensus pour la définir.

Selon moi, nous n’avons pas une conscience. Qui possèderait celle-ci ?

À l’évidence, nous sommes celle-ci qui constitue , me semble-t-il, une réalité immatérielle hors de l’espace-temps.

J’ai l’impression que la plupart des éveillés considèrent que, mystérieusement, la conscience que nous sommes utilise ou est utilisée par les innombrables structures d’expériences neuronales peuplant l’univers. Celles-ci constituent des manifestations impermanentes et interdépendantes de celui-ci et baignent dans la conscience universelle tout en étant une avec celle-ci.

J’ai la conviction que selon la très grande majorité des éveillés, ce que nous sommes réellement est une énigmatique présence consciente qui peut réaliser exister en cessant tout simplement de s’oublier, et cela en faisant pivoter l’attention de 180 degrés. C’est ainsi qu’elle se sait être présente et exister en tant que réalité immatérielle qui accueil les qualia apparaissant en elle en tant qu’elle.

Je le répète, je considère depuis plusieurs années cette mystérieuse conscience comme étant qui je suis vraiment. Je la perçois comme étant une avec la totalité de ce qui est et conçoit ce tout comme étant le Non Né, Dieu. Sinon il pourrait s’agir de quoi ?

Lorsque j’affirme réaliser être la conscience, ou plutôt une présence consciente, il s’agit d’une connaissance qui n’en est pas une tel qu’on l’entend habituellement, mais un vécu par la conscience qui se présente sous la forme d’une certitude d’exister, ne pouvant forcément apparaitre qu’ici et maintenant.

Dans ce cas il ne s’agit pas d’un concept désignant une supposée réalité, mais du fait que la conscience se sait exister dans l’évidence de l’instant présent.

Ainsi que l’écrit Charles Coutarel  » C’est l’attention consciente à l’être ici avant l’identification au personnage et avant d’être happé par les perceptions, les pensées… C’est l’évidence d’être.  »

Peu d’éveillés nous présentent la réalité ultime d’une façon différente de celle que leur procure cette expérience vécue dans l’évidence de l’instant présent et cela lorsque l’attention de la conscience pivote de 180 degrés afin de se diriger vers elle-même et ainsi se savoir exister et mettre un terme, plus ou moins long, à son rêve éveiller.

Malgré leur grande renommée et respectabilité, les quelques mystiques n’adhérant pas totalement à cette façon de réaliser qui ils sont vraiment, propagent une conception différente de la réalité ultime.

Selon moi, ceux-ci auraient dû admettre et nous avouer qu’ils énoncent une opinion et ne savent pas plus que qui que ce soit ce qu’est réellement cette mystérieuse réalité qu’ils prétendent décrire.

Ils me semblent présenter leur conception de cette présence consciente et celle de la structure métaphysique de l’Un comme s’il s’agissait d’une description incontestable de ce qui est, alors qu’à l’évidence il ne peut s’agir que d’une hypothèse non prouvée et improuvable.

Bien entendu qu’il pourrait s’avérer qu’ils aient raison, mais à l’évidence, ce n’est pas prouvé, n’y prouvable.

C’est ainsi que l’on peut lire que selon certains, si j’ai bien compris, LA CONSCIENCE N’EXISTERAIT PAS, elle serait vide de substance propre. Comme le corps que je dis mien, elle serait faite d’éléments non moi, elle ne serait pas une entité permanente, mais interdépendante au reste, produite par une certaine activité (?) de l’énergie une, qui elle formerait tout ce qui est.

Par exemple Emmanuel écrit :  »Il n’y a jamais eu que l’Énergie. C’est déjà inconditionnellement intemporel, et non deux. Même en ces apparents jeux duels. La conscience n’existe pas, elle est vide de substance propre.(Qu’est-ce qui lui permet d’affirmer cela ?)

D’autres mystiques, peu nombreux, mais très crédibles (Nisargadatta Maharaj, Bernadette Roberts, Douglas Harding et ?. ), sans prouver leurs affirmations puisque c’est impossible, considèrent que la cause non causée causante de tout serait UN ABÎME INCONNAISSABLE AU-DELÀ DE LA CONSCIENCE, tout en constituant la totalité de ce qui est, la conscience incluse

Ce mystérieux non né ferait surgir la conscience et constituerait ce que nous sommes vraiment, vraiment, de toute éternité et pour toute éternité. (Ai-je bien compris leur point de vue ?).

Pour illustrer cette opinion on a ce texte cité par Emmanuel. :
 » Moi [l’Absolu], qui préexiste à la conscience, ne me sens plus concerner du tout par ce qui arrive dans le champ de la conscience qui s’exprime.
Ma vraie nature est antérieure à cette conscience
, elle n’en dépend en rien. »
Nisargadatta Maharaj

Existe aussi ces affirmations :
 » Nous sommes capacité consciente d’elle-même, et au-delà de la Conscience, nous sommes l’Abime inconnaissable d’où la Conscience jaillit éternellement et sans effort. Là c’est chez nous. »
Douglas Harding

 » Je ne fais pas de distinction : tout est spirituel et tout est matériel. Je ne dis pas qu’il faut aller du physique au spirituel. Non,non,non. Tout est spirituel, tout est physique. DEUX ASPECTS DE LA MÊME CHOSE,  » Douglas Harding

Donc, prétendre que l’on est la Conscience serait affirmer une demi-vérité.

Je considère cette déduction ou hypothèse de M. Harding comme étant très vraisemblable, mais cela demeure non prouvé.

La réalité absolue, le nécessaire non né (de rien ne naît rien) est hors de l’espace-temps.

Le supposé Abîme inconnaissable d’où surgirait la conscience ne peut être séparé de celle-ci. L’espace n’existe-t-il pas lorsqu’on ne se situe pas au niveau de la matière-énergie.

Si la réalité s’avère telle que décrite par l’affirmation de M. Harding , j’ai l’impression qu’on peut conclure que la méditation apprise grâce à la V.S.T. demeure tout de même valable.

Lorsque l’attention de la conscience pivote de 180 degrés, celle-ci a l’impression de devenir présente à elle-même et ne semble pas être en mesure de réaliser la présence de sa source qui elle constituerait ce que nous sommes vraiment, vraiment, soit notre véritable nature, notre ultime identité. C’est une possibilité.

Toutefois, si la réalité est telle que l’affirme Emmanuel, si la conscience n’existe vraiment pas ainsi qu’on le suppose ici, même si celle-ci fait pivoter son attention vers elle-même, elle ne me semble pas être présente à ce que nous sommes vraiment. Celle-ci s’avèrerait vivre une illusion, une fausse impression de contact avec qui ou ce que nous sommes vraiment, vraiment , puisqu’elle est considérée ici comme n’étant qu’un agrégat, qu’une production de ce qui existe réellement en tant que réalité ultime, soit l’énergie une, selon certains.

Donc je ne connaissais pas, je ne connais pas et ne connaitrai jamais qui je suis vraiment, ce qu’est ce quelque chose plutôt que rien dont nous faisons tous partie, et cela sans choix possible.

Je dois me contenter de me savoir vraiment et mystérieusement exister ici et maintenant. Et vous ?

Merci de votre attention





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