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Une méthode simple et facile pour stabiliser la présence dans le quotidien


 


Je vous invite à une nouvelle expérience. Lisez d’abord le texte ci-dessous, sans précipitation, sans quoi cela ne servirait à rien. 

Fénelon, le célèbre écrivain du Grand Siècle, s’adresse dans cet extrait à une dame qui lui demande comment garder la « présence de Dieu » au milieu du quotidien.

Il lui conseille simplement de s’abandonner à Dieu, comme un enfant dans les bras de sa mère. 

Mais alors, et les distractions ? Il répond :

« Si vous [vous abandonnez à Dieu et que vous] ne voulez jamais la distraction, vous ne serez jamais distraite, et il sera vrai de dire que votre oraison n’aura jamais défailli. 

Chaque fois que vous apercevrez votre distraction, vous la laisserez tomber sans la combattre, et vous retournerez doucement du côté de Dieu sans aucune contention d’esprit. 

Quand vous ne vous apercevrez point de votre distraction, elle ne sera point une distraction du cœur. Dès que vous l’apercevrez, vous lèverez les yeux vers Dieu. 

La fidélité que vous aurez à rentrer en sa présence, toutes les fois que vous vous apercevrez de votre état, vous méritera la grâce d’une présence plus fréquente ; et c’est, si je ne me trompe, le moyen de vous rendre bientôt cette présence familière. »

Et le reste de cette lettre est de la même qualité.

Maintenant, changez un peu les mots. Le mot « Dieu » en choquera sans doute certains. Surtout – et c’est bien étrange – parmi ceux qui professent que la « présence » est au-delà des mots… Bref.

Changez donc ces « mots » à votre guise, adaptez la formulation à votre convenance. Et alors, relisez le résultat. N’avons-nous pas là une excellente méthode spirituelle, complète et adaptée à une vie active ? N’est-ce pas là l’essence de toute pratique spirituelle ? Moins que ceci suffirait-il ? Davantage serait-il nécessaire ? A-t-on un besoin si impérieux de ces dogmes dont on fait aujourd’hui un trésor spirituel, comme par exemple, que la personne n’existe pas, qu’il n’y a point de libre-arbitre, qu’il ne faut pas juger, que l’univers est notre création, et j’en passe ?

Je crois que non. Il y a dans cet extrait tout le viatique d’une vie intérieure. Et cela, dans un style solide, nourri d’expérience et de culture – cette culture qui nous fait tant défaut. 

Et pourtant, l’auteur de ces lignes est un homme, un occidental, un aristocrate, un Chrétien, un prélat et un courtisan. Et pourtant… il se fit le disciple fidèle d’une femme laïque.

Que cette petite expérience nous donne donc à méditer. Qu’elle éveille en nous tous l’élan spirituel vrai, simple et vivant. Outre que ce genre de lecture nous permet de redécouvrir que nous avons un héritage spirituel, n’en déplaise, elle rafraîchit notre regard sur le mystère évident de vivre.



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