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Une spiritualité incarnée et riche est-elle possible ?



Il est vital de faire régulièrement des bilans critiques sur nos pratiques et nos croyances. Comme dans un voyage, on s’arrête et on fait le point sur la situation.

Pour ma part, vous connaissez peut-être mon Mandala des Cinq Familles spirituelles, au centre duquel se trouve le Tantra, c’est-à-dire le shivaïsme du Cachemire.

A ma connaissance, il n’existe aucun système parfait, complet. Il faut éviter de s’attacher à un système imparfait et ne pas perdre sa vie à défendre l’indéfendable. D’un autre côté, il faut aussi éviter de tomber dans le piège du scepticisme : « il ne peut pas exister de système parfait ». Non, nous devons continuer à chercher, car je crois en l’évolution. Le « système parfait » est notre horizon car, quoi qu’on dise, on aspire à la perfection, à la complétude, à la cohérence.

Quant aux traditions, je crois aussi en une attitude critique à leur égard. Il faut se garder à la fois du traditionalisme qui rejette a priori tout ce qui est moderne ; et aussi l’attitude inverse, souvent présente dans le New Age, attitude désinvolte, égocentrique et immature, qui tient que chacun à la science infuse et qui n’a pas l’humilité de se mettre à l’école d’une tradition. Il faut aussi savoir lire et apprendre chaque jour de nos ancêtres.

Par exemple, sur la question du corps. La plupart des traditions rejettent le corps. C’est un point à noter. L’ascétisme, les mortifications ou, du moins, une vision négative du corps, sont présents dans les spiritualités chrétiennes, hindoues, bouddhistes, etc. Le Tantra est l’exception. Mais le tantra est aussi plein de superstitions, d’opinions dépassées, de dogmes féodaux, d’incitations à l’obéissance aveugle, d’un manque de maturité morale et il souffre d’une absence de réflexion politique. Il a en commun avec la modernité une certaine valorisation de l’individu, mais aussi une certaine naïveté qui favorise les dérives égocentriques. C’est bien pourquoi le Tantra plait au New Age. Lequel n’est pas non plus à mépriser tout entier, car il est le premier exemple avéré de religion créée principalement par des femmes. Mais après les crimes bien connus des religions du Livre, le XXIe siècle est celui des scandales du yoga, du tantra, du bouddhisme et du New Age, dans lequel j’inclus le dévperso, le coachisme, le quantisme, le fruitisme, etc. S’il y a des crimes ou des scandales à répétition, il faut se demander pourquoi et examiner ces traditions ou ces méthodes, sans les rejeter en bloc ni tomber dans les délires du wokisme. Il faut aussi éviter le travers de la simplification à outrance qui, sous couvert de rendre les choses accessibles, rend tout insipide.

Nous voudrions une spiritualité qui ne rejette pas le corps, mais qui ne soit pas non plus régressive, infantile, égocentrique et débile. Beaucoup de gens cherchent à réhabiliter le corps en suivant leur tradition en la dédouanant de tout mépris du corps. Mais cela sonne faux car, quelque soit leur bonne volonté et leur habileté, leurs traditions rejettent le corps. Certes il y a évolution, mais il n’y a pas d’évolution saine sans bilan critique lucide au préalable.

Il faut donc à la fois inventer et étudier les traditions. Pour arriver à une spiritualité incarnée, moralement digne et substantielle. A quoi ressemblerait cette spiritualité ? Je crois qu’elle n’existe pas encore. 



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Rédiger par Blog de David Dubois

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