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Jouer sans attendre


(peinture de Cesar Philipp)

L’absolu ne se donne pas seulement par négation. Le soleil ne brille pas qu’entre deux nuages. Les nuages sont aussi lumière. 

Il y a un être suprême : pas l’absolu.

Il y a du plus subtil : pas l’absolu.

Il y a un silence parfait : pas l’absolu.

Il y a un vide : pas l’absolu.

Des facettes.

La conscience n’exclut rien : et pourtant, elle exclut, pour se manifester. Elle s’oublie afin de se donner lieu. L’espace est la conscience qui joue à se retirer d’elle-même. Mais elle ne se retire pas vraiment. Telle est sa magie, sa liberté : s’absenter jusque dans sa présence, se présenter jusque dans son absence. 

Ni question, ni réponse. Point de dialogue, pas de tantra. Tous les dialogues sont inclus, enveloppés, sont les petites fleurs de cet arbre infini, depuis le silence hypercosmique jusqu’aux bavardages de la concierge, s’il en reste une. Ou du moustique. Ca oui, il en reste.

Transcendant et immanent. Le Tout au-delà de tout. Plus haut que le tout, plus bas que le rien. Aucun état si haut qu’elle ne soit plus haut encore. Aucune état si bas qu’elle ne soit plus bas encore.

« Je suis je » est le pivot, l’acte est l’axe. Vers le devant : « je suis ceci », « je suis cela », « je suis tout ». Vers l’arrière : « je ne suis pas ceci », « je ne suis pas cela », « je ne suis rien ». Au centre, nulle part, partout : « je suis… je… ceci… cela… tout… rien… » : l’acte indépendant, spontané, sans cause extérieure, le miracle.

Les ordres, les désordres. Le coeur, la tête. La connaissance, l’amour. Je suis tout cela, au-delà de tout cela. Au-delà comme l’espace est au-delà : au-delà en dedans. 

Eveil de Dieu, de la concierge, du moustique. Un seul éveil, mille groseilles. Matière ou esprit, en chaque hypothèse, c’est de fait un seul mouvement. La Vague. Ces petits mouvements des yeux, c’est la Vague. Les vaguelettes sont la Vague. 

Se détacher du corps ? Mais le corps est la Vague !

Se détacher des pensées ? Mais les pensées sont la Vague.

Se détacher du désir ? Mais le désir est la Vague.

Aller en haut ? Mais en bas, c’est aussi la Vague. Le creux de la Vague, c’est la Vague. La Vague fait un creux, sans quoi elle ne serait pas la Vague. La lumière fait de l’ombre, la conscience fait de l’inconscience. Voilà pourquoi elle mérite le nom de « vibration ».

S’élever ? Toute ascension fondée sur la croyance en sa nécessité est futile. 

Croire, alors, que « tout se vaut » ? Encore un concept, encore une exclusion, une prison de plus, une facette du diamant, pas le diamant. « Sentir » que tout se vaut ? Pareil. Tête ou cœur, là n’est pas le problème. Le problème, c’est prendre la partie pour le tout sans savoir que l’on prend la partie pour le tout. Et encore… ce problème est embrassé dans la vaste expansion. Tout. Même les exceptions.

La liberté (quoi d’autre ?) c’est être libre de monter et descendre. Libre de butiner, de papillonner. Pas comme une âme en peine au salon zen. Mais dans la délectation de l’éclat d’être. Cette fulgurance muette, qui est joie, qui est amour, saveur de souveraineté, même dans la peine, la souffrance, la contraction. Expir, inspir. Monte, descend. Tension, détente. Souveraine errance. Tachycardie de mélomane. 

Au fond de tout, une extase joueuse. 

Stage :

https://www.association-a-ciel-ouvert.org/programme-detail/voie-du-souffle-et-voie-du-mantra-du-15-07-2022-au-20-07-2022/1064/2712.aspx



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